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28 août 2021

Pénurie de semi-conducteurs

Pénurie de semi-conducteurs AD-POMME

Apple a connu des problèmes d’approvisionnement pour les iPads et iPhones le trimestre dernier. La firme de Cupertino s’attend encore à connaître les mêmes soucis pour les mois prochains.  Cette pénurie de semi-conducteurs touche tout le secteur de l’informatique.

Les patrons d’Intel et de Sony prévoient que la pénurie actuelle de composants électroniques pourrait se prolonger jusqu’en 2023.

Samsung est contraint de stopper la production de son futur téléphone phare : le Galaxy S21 FE. Il lui manque des quantités importantes de composants.

Ce souci de pénurie touche tous les secteurs industriels de l’économie mondiale

Tous les secteurs industriels sont touchés

Le géant Whirlpool annonce la baisse de 25% de sa production mondiale de produits électroménagers.

Dans l’industrie automobile, Volkswagen a annoncé la non-vente de 100.000 véhicules au premier trimestre 2021. Le deuxième groupe automobile mondial anticipe la perte de 800.000 véhicules cette année. Sur 2021, cela pourrait représenter pour ce secteur industriel une perte historique de 110 MdS.

La demande crée le manque

Petit rappel : au printemps 2020, le monde s’est confiné progressivement.

Pour répondre à de nouveaux besoins, la demande de composant électronique a explosé. Il a fallu mettre les salariés en télétravail, répondre à de nouvelles activités de loisirs ; une pénurie de semi-conducteurs a vu le jour. 

Mi 2021, la demande mondiale ne faiblit toujours pas. Lors du premier trimestre 2021, plus de 89 millions d’ordinateurs ont été vendus dans le monde. Ces volumes de ventes progressent comme jamais depuis 15 ans.

Tout cela engendre de gros soucis d’approvisionnement en semi-conducteurs pour de nombreux secteurs industriels. Or nous avons de plus en plus besoin de semi-conducteurs, dans des domaines nombreux et variés. Pour les ordinateurs tablettes et téléphones bien évidemment, mais aussi les TV et consoles de jeux, les appareils électroménagers, les GPS, les voitures avec l’informatique embarquée, les caméras et alarmes, les panneaux photovoltaïques, les thermostats, les ampoules connectées…

Le modèle « fabless »

En Occident, les acteurs principaux du marché informatique/électronique se sont orientés vers un modèle “fabless”. La fabrication a été confiée à d’autres sociétés, souvent implantées en Orient. Ces structures ont des capacités de fabrication importantes et moins chères ; l’Occident conserve la conception des équipements, à grosse valeur ajoutée.

Ces acteurs “fabless” sont devenus de gros acteurs mondiaux. Quand Apple commande auprès de son fondeur principal, le taïwanais TSMC, on parle de dizaines de millions d’unités commandées. Ces commandes fermes sont souvent accompagnées de conditions rassurantes de règlement. Quand on a plus de 250 milliards de dollars dans ses caisses, c’est plus facile… Apple protège ainsi ses approvisionnements, la fabrication de ses ordinateurs et iBidules tout en assurant/rassurant son fondeur. Si cela ne suffit pas, Apple a les moyens d’investir directement dans les chaines de fabrication de ses partenaires historiques.

Quand Apple (ou d’autres géants) passe commande, les autres industriels attendent que les chaînes de fabrication des fondeurs soient libres.

Augmenter la production

Les fabricants de puces peuvent augmenter leur capacité par à-coups, mais pas chaque année. Il leur faut se réadapter, modifier les cahiers de fabrications selon les productions… Passer d’un iPhone à une carte électronique pour robot aspirateur ne se fait pas simplement.

Selon les besoins actuels et estimés dans le futur, une solution serait d’augmenter les capacités de production. Cela permettrait de diminuer les délais de production. Mais cela n’est pas si simple et le résultat pas si rapide.

Trois raisons principales à cela :

  • l’investissement global colossal à réaliser. Un exemple, TSMC envisage de créer six méga-usines aux USA. Enveloppe globale prévue : 100 Mds de $. Début de production estimée à fin 2024.
  • les ressources humaines. Inutile de vouloir imiter la Chine sur ce plan-là ; Foxconn, un des gros fabricants chinois, a 1,3 million d’employés, souvent peu (mal) payés. Impossible d’envisager autant de recrutement avec des salaires comparables en Europe ou en Amérique.
  • le processus de fabrication : très long et bien plus compliqué que de trouver du silicium et d’y rajouter quelques impuretés…

La réaction des états…

Les États commencent à prendre conscience de la situation ; ils veulent agir auprès des fondeurs du monde entier en leur demandant d’augmenter les productions. En résumé, la réaction ne se fera pas en un jour, les délais vont s’allonger et les prix augmenter.

pénurie de semi-conducteurs

… dans une situation mondiale délicate

N’oublions pas les problèmes géopolitiques et économiques du moment. Depuis de nombreuses années, la Chine et les USA se livrent une guerre commerciale, principalement à propos de Huawei ; Les américains ont placé le groupe chinois sur liste noire. La demande interne chinoise repart plus fort que prévu. En mars dernier, un incendie de l’usine du géant japonais Renesas a diminué la production de 20% de composants électroniques. Il y a de plus en plus d’équipements électroniques dans les voitures et les voitures sont de plus en plus électriques. Le coût des matières premières continue de flamber mois après mois. Les terres rares sont sous contrôle quasi exclusif des chinois. On a besoin de ces métaux pour fabriquer les puces de smartphones, les pots catalytiques, les LED, les écrans, les panneaux photovoltaïques, les aimants permanents pour les éoliennes)…

il ne manquerait plus qu’une pandémie 🥴